Catégorie : Romaine et tardo-antique

  • La transformation en une conserverie de salaisons

    Le bâtiment thermal et son entourage ont été totalement remodelés et réformés au IVe siècle. En occupant toute l’aile sud a été construite une conserverie dédiée à la fabrication de produits dérivés de la pêche (sauces, conserves, etc.). Cette fabrique profitait des espaces des vieux thermes, transformant quelques-unes des anciennes baignoires en dépôts de traitement du poisson et élargissant le bâtiment vers l’est. L’espace central de la conserverie le constitue une salle quadrangulaire avec cinq dépôts où, une fois morcelé, le poisson était macéré et conservé dans des eaux saturées de sel (salmuera – saumure). Postérieurement le produit s’emballait dans des amphores pour sa commercialisation. Les restes de poisson trouvées dans la conserverie nous remarquent cette activité de salaisons, avec l’utilisation surtout des thons, mais aussi d’autres espèces, comme le dauphin.

    En époque romaine les sauces de poisson, comme le garum, ainsi que de divers types de poisson en salaison, constituent des éléments essentiels dans la diète et sont très commercialisées au long et large du territoire romain. Ces conserveries s’étendaient tout au long de la côte Méditerranéenne, et se concentraient en quelques points, comme les grandes conserveries documentées sur la côte de l’actuelle Andalousie. L’activité de cette conserverie s’est prolongée au moins jusqu’à la fin du VIe siècle n.e., bien qu’elle a souffert une réduction de l’espace et probablement de la production. De fait, une partie de la conserverie de salaisons s’est abandonnée approximativement cent ans après sa construction et se sont trouvées quelques zones utilisées pour des enterrements.

    1 Plan de la conserverie de salaisons.
    Source: CRAPA.
    2 Restitution de la conserverie de salaisons.
    Source: D. Vivó.
    Les monnaies

    Un excellent témoignage de l’activité commerciale de la Roses romaine, ainsi que de ce bâtiment portuaire est le grand nombre de monnaies qui se sont trouvées. Dans l’ensemble, les excavations archéologiques ont documenté dans le terrain de la Ciutadella plus de 800 monnaies datées entre les IVe et VIe siècles. Pratiquement toutes sont des monnaies de bronze, c’est-à-dire la monnaie d’une valeur plus basse et la plus utilisée dans les échanges quotidiens. Un grand nombre de ces pièces est concentré à l’intérieur du bâtiment portuaire. Il faut remarquer que les monnaies plus modernes qu’on peut dater avec fiabilité sont deux pièces byzantines (première moitié du VIe siècle) frappées par l’empereur Justinien Ier.

    Source: M. Bouzas.